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La conférence du 19 avril 2014

Faisant suite aux commémorations de Ly Fontaine, Philippe présenta sa conférence sur le thème :

Les bombardements du réseau ferroviaire Français et le 6 juin 1944.

En 1940 le réseau ferroviaire français est dense et relie à partir de Paris toutes les villes de France. L'essentiel du trafic est majoritairement consacré au transport des voyageurs, mais dans les parties Nord et Est de la France industrielle et minière les lignes sont plus développées, ce qui n'échappe pas aux Allemands à la déclaration de guerre. Ils préservent donc les objectifs importants en évitant les bombardements destructeurs et utilisent les frappes chirurgicales à l'aide des Stukas JU 87.

Carte du réseau voyageur vers 1930 (les liaisons sont nombreuses)

La Convention d'Armistice signée le 22 juin 1940 stipule que le réseau français doit se soumettre au dictât de l'autorité Allemande et de la Whermacht et impose la reconstruction et l'entretien du matériel au frais du vaincu. Un système de priorité est établi et imposé surtout pour le transport des matières premières , charbon et minerai vert l'Allemagne.

Train de minerai de fer à destination de l'Allemagne

Selon la théorie des autorités Anglaises et en particulier W. Churchill, la victoire ne peut survenir que grâce aux bombardements stratégiques sur l'Allemagne.

Bombardement de Hambourg par des Lancaster (archives Allemandes)

Peu après 1941 ,la limite de cette stratégie est atteinte, par inefficacité des raids de nuit, le manque de coordination et d'organisation des attaques. Cela va déboucher par l'adoption d'une nouvelle tactique, qui utilisera le bombardement combiné, la technique du bombardement de zone (l'emploi d'une quantité suffisante de bombes pour traiter un objectif), l'utilisation de pathfinder (éclairage des cibles) et le développement du radar pour améliorer les résultats. Le dessein étant de ne laisser aucun répits aux Allemands de jour comme de nuit.

Malgré l'adoption de ces tactiques les résultats escomptés ne sont pas à la hauteur des espérances. La défense anti aérienne protège efficacement les points stratégiques, obligeant les bombardiers à larguer à haute altitude. La précision laisse toujours à désirer et les pertes sont énormes. En janvier 1944 , les Alliés préparent l'opération Overlord (le débarquement) et réalisent le danger que représente le réseau ferroviaire Français qui risque d'amener troupes , armement, et renforts Allemand sur le lieux des combats.

Transport de troupes  (archives Allemandes)

(Pour les puristes on reconnaitra un char R 35sur lequel trône un canon allemand)

Sally Zukerman est chargé de résoudre le problème en étudiant une stratégie efficace et peu coûteuse en vies humaines. Cette nouvelle stratégie s'appellera «  plan transport ».

Des oppositions se forment au sein des Alliés, mais poursuivant les bombardements stratégiques au dessus de l'Allemagne, il est décidé de tenter une « expérience des effets » par une série de raids sur des objectifs ferroviaires le 6 mars 1944 .

Malgré un bombardement raté sur Le Mans le 7 mars , les autres raids sont encourageants et les dommages collatéraux sont peu importants. Zukerman démontre que poursuivre les bombardements stratégiques sur l'Allemagne ne fait perdre que 7% de l'activité industrielle de l'ennemi.

Le plan transport est adopté le 1 avril 1944.

Désormais tous les objectifs, gare de triages, nœuds ferroviaires, dans le Nord , la région Parisienne, la Belgique, sont traités pour assurer l'encagement du futur champ de bataille. A titre indicatif et pour le devoir de mémoire, 2 bombardements à 8 jours d'intervalles sur Tergnier occasionnent la perte de 82 victimes civiles.

Photos de bombardement diffusés pendant la conférence

 

Les ateliers de réparation de Tergnier fortement endommagés

Les gares de triages étant situées dans des zones à forte concentration de population, Churchill décide de suspendre les raids nocturnes, pour ménager la population qui accueillerait les Alliés contre l'avis d'Eisenhower qu'il considère comme une entrave à la préparation de l'opération Overlord.

Les raids US de jour se poursuivent sans discontinuer et dès le 30 mai les raids nocturnes reprennent après que Churchill ai cédé.

C'est en résumé ce que Philippe nous présenta avec force détails et illustrations issues de sa collection personnelle et de ses nombreuses documentations d'époque devant une salle comble.

Un grand merci à lui pour toutes ces précisions historiques, bien souvent ignorées et qui apportent un éclairage nouveau sur la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

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